Les Presses de l’Université du Québec ont fait paraitre en français deux œuvres aïnoues dans la collection « Jardin de givre » sous la direction de Daniel Chartier. Assimilation et vestiges des Aïnous de Nukishio Kizô, d’abord publié en 1934, est le premier essai qui témoigne de la situation des Aïnous sous l’Empire japonais. Ce « manifeste précurseur autochtone » dénonce les effets des politiques assimilatrices du Japon d’autrefois et lance un appel à la survie et à la reconnaissance de son peuple. Dans Penriuk et sa douleur, la poétesse Dobashi Yoshimi fait le récit de la troublante réalité des ossements de ses ancêtres, exhumés, profanés, « retenus prisonniers » pour les fins de la recherche scientifique. Les traductions de ces œuvres ont été réalisés par Etienne Lehoux-Jobin, Lucien-Laurent Clercq et Sakurai Norio.
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Extrait de « La traduction de la littérature aïnoue, un pont entre les cultures autochtones du Nord » en exergue des deux œuvres : « Ici et là, des voix comme celles de Nukishio Kizô (ou Hôchin) et de Dobashi Yoshimi se sont élevées, par l’entremise de la littérature, pour dénoncer, s’opposer, réclamer et faire connaître le sort des leurs, et tenter à la mesure de leurs moyens un rétablissement de leurs droits et de leur dignité. Leur littérature, qu’on peut appeler de mémoire, est politique et intime tout à la fois, et elle a des accents semblables à celle des Innus, des Inuits, des Abénaquis, des Sâmes, des Groenlandais et des autres peuples autochtones. »