Durant cette soixantaine d’années, des missionnaires, des anthropologues, japonais et occidentaux, vont s’intéresser à la langue aïnoue tandis que des penseurs et des écrivains aïnous tentent de trouver un moyen de transmettre aux nouvelles générations, éduquées dans la langue japonaise, leurs récits ancestraux, mais également leurs réactions contemporaines face à la colonisation. Pour de jeunes écrivains comme Batchelor Yaeko, Iboshi Hokuto, Moritake Takeichi ou Chiri Yukie, va se poser la question du choix de la langue d’écriture : le japonais, devenu de facto la langue de l’écrit et de la majorité de leurs contemporains ? La langue aïnoue, langue du cœur mais de tradition orale, dont la maîtrise s’étiole rapidement ? Le pont entre les langues que peut jouer la traduction va se révéler être un moyen pour dépasser ce dilemme.